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Faim dans le monde : ces 10 pays concentrent les deux tiers des personnes les plus touchées, selon l’ONU

Dans plusieurs régions du monde, la faim progresse à un rythme qui inquiète même les organismes les plus aguerris. Le nouveau rapport soutenu par l’ONU met en lumière une réalité troublante : une poignée de pays concentre l’immense majorité des personnes les plus touchées. Le chiffre donne le vertige et laisse entrevoir un futur encore plus dur si rien ne change.

Mais derrière ces statistiques, les mécanismes à l’œuvre expliquent pourquoi la situation se dégrade et pourquoi certains territoires paient un prix particulièrement lourd. Et ces éléments sont essentiels pour comprendre l’ampleur du défi qui nous attend.

Pourquoi la situation mondiale s’aggrave

L’insécurité alimentaire aiguë s’est installée comme une crise mondiale durable. Selon le Rapport mondial sur les crises alimentaires, deux tiers des personnes confrontées à des crises alimentaires en 2025 vivaient dans seulement dix pays. Ce regroupement traduit une vulnérabilité extrême marquée par des années de conflits, de dérèglements climatiques et de fragilité institutionnelle.

Les conflits demeurent le principal moteur de la faim aiguë. Ils perturbent les récoltes, bloquent les routes d’approvisionnement et provoquent des déplacements massifs de populations. En 2025, près de 266 millions de personnes dans 47 pays ou territoires ont été touchées par une insécurité alimentaire élevée, un chiffre presque deux fois supérieur à celui de 2016. Cette progression fulgurante montre combien les solutions tardent à émerger.

À cela s’ajoutent les phénomènes climatiques extrêmes, de plus en plus fréquents. Sécheresses, inondations, phénomènes El Niño et dégradation des sols réduisent les capacités de production, notamment dans les pays dépendants de petites exploitations agricoles. Le rapport avertit que ces dynamiques devraient se maintenir ou s’aggraver en 2026, poussant les projections vers un horizon sombre.

Une autre alerte concerne la forte diminution des financements destinés à l’aide humanitaire. Moins de ressources, alors que les besoins explosent : l’équation est intenable. Les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, en particulier, risquent d’amplifier les crises existantes en multipliant les déplacés et en perturbant les chaînes d’approvisionnement. Un élément clé sera dévoilé dans la section suivante, tant son impact influence directement ces crises.

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Les dix pays qui concentrent les deux tiers des personnes touchées

Le rapport identifie précisément les dix pays qui concentrent l’essentiel de l’insécurité alimentaire aiguë. Ces pays sont : l’Afghanistan, le Bangladesh, la République démocratique du Congo (RDC), la Birmanie, le Nigeria, le Pakistan, le Soudan du Sud, le Soudan, la Syrie et le Yémen. Ensemble, ils représentent deux tiers des populations affectées en 2025. Parmi eux, un tiers des personnes touchées vivait seulement dans trois pays : le Soudan, le Nigeria et la RDC.

Ces territoires cumulent les facteurs aggravants : conflits persistants, instabilité politique, déplacements massifs, systèmes agricoles affaiblis et infrastructures limitées. Dans certains cas, des améliorations observées auparavant — comme au Bangladesh et en Syrie — ont été effacées par des détériorations majeures ailleurs, notamment en Afghanistan, en RDC, en Birmanie et au Zimbabwe.

L’année 2025 marque aussi un sombre tournant : pour la première fois depuis le lancement de ce rapport il y a dix ans, une famine a été confirmée dans deux contextes distincts au cours de la même année. Il s’agit de la bande de Gaza et de certaines régions du Soudan. Ce constat souligne la gravité croissante des crises et l’incapacité des systèmes actuels à prévenir ces situations extrêmes.

Comprendre ces pays et leurs dynamiques permet de saisir pourquoi la spirale s’accélère. Mais un phénomène récent risque d’alourdir encore la situation, comme vous allez le découvrir maintenant.

Conséquences directes de la guerre au Moyen-Orient sur la faim mondiale

Le rapport soulève un point déterminant : la guerre au Moyen-Orient a des répercussions directes sur la sécurité alimentaire mondiale. L’un des principaux leviers concerne les engrais. Le blocage temporaire du détroit d’Ormuz, voie cruciale pour le transport de pétrole, a fait grimper les prix de l’énergie et, par ricochet, ceux des engrais, qui dépendent d’intrants dérivés du pétrole.

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Ces hausses arrivent au plus mauvais moment. Comme l’explique Alvaro Lario, président du Fonds international de développement agricole (FIDA), le monde est « en pleine saison des semis ». Une augmentation brutale du prix des engrais réduit la capacité des agriculteurs à en acheter et donc à garantir des rendements stables. Selon Lario, les effets sur la production mondiale pourraient être « massifs ».

Le rapport souligne également que la région du Moyen-Orient accueille déjà des millions de réfugiés. La guerre en cours risque d’accroître encore le nombre de déplacés, mettant sous tension les capacités d’accueil et les ressources alimentaires locales.

À cela s’ajoute la baisse globale des financements humanitaires, qui limite la capacité des organisations à répondre efficacement. Ces contraintes créent un effet domino. Et pour y remédier, des mesures concrètes doivent être envisagées, notamment au niveau agricole.

Des pistes pour atténuer les crises alimentaires

Le FIDA identifie plusieurs leviers permettant de réduire les effets des crises et de renforcer la résilience des populations. L’un des principaux axes est le soutien accru aux petits exploitants agricoles, qui constituent l’épine dorsale de la production alimentaire dans les pays les plus touchés.

Lario recommande des investissements dans trois domaines clés :

  • l’accès à l’eau, indispensable pour des cultures résistantes aux aléas climatiques
  • le développement de cultures résilientes, mieux adaptées aux sécheresses ou aux fortes précipitations
  • la production locale d’engrais, pour réduire la dépendance aux intrants importés et aux fluctuations des marchés énergétiques

L’amélioration de la santé des sols reste également un levier important. Des pratiques agricoles comme l’agroécologie, le compostage ou les rotations de cultures permettent de réduire la quantité d’engrais nécessaire, tout en préservant la fertilité des terres.

Le FIDA travaille aussi à renforcer l’implication du secteur privé local. Lario souligne que créer des instruments et des incitations pour mobiliser ce secteur constitue une voie essentielle vers une meilleure durabilité et une utilisation plus efficace des ressources de développement. Ces solutions, bien qu’ambitieuses, montrent que des marges d’amélioration existent encore.

Variations, solutions alternatives et perspectives d’action

Si les dix pays identifiés sont parmi les plus vulnérables, les mécanismes mis en place ailleurs peuvent offrir des pistes inspirantes. Certains pays ont investi dans des systèmes d’irrigation à faible coût, dans la diversification des cultures ou dans des réseaux coopératifs renforçant la mutualisation des ressources. Ces approches, combinées à des soutiens institutionnels solides, peuvent transformer la résilience alimentaire.

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Les crises climatiques appellent également des adaptations locales. L’usage de variétés de semences résilientes, de systèmes d’alerte précoce et de techniques de stockage améliorées peut réduire les pertes post-récolte, un problème fréquent dans les zones fragiles. Ces solutions permettent de stabiliser l’offre alimentaire même en période d’instabilité.

La coopération régionale joue un rôle déterminant. Dans certaines régions d’Afrique, des mécanismes de partage stratégique des stocks ont permis de limiter les pénuries en période de crise. L’intégration de marchés agricoles locaux, combinée à des infrastructures logistiques renforcées, peut réduire la dépendance à des importations coûteuses et vulnérables aux tensions géopolitiques.

Enfin, la montée en puissance des technologies agricoles, comme l’agrométéorologie ou la cartographie des sols, peut améliorer la gestion des ressources. Ces outils, bien que parfois difficiles à déployer dans des zones instables, offrent un potentiel réel lorsqu’ils sont adaptés aux besoins locaux. Il reste toutefois des obstacles importants que beaucoup sous-estiment.

Erreurs fréquentes et idées reçues à éviter

La première erreur consiste à croire que la faim est uniquement due à un manque de production agricole. Dans les pays cités, ce sont surtout les conflits, les déplacements forcés et le manque d’accès aux marchés qui provoquent la crise.

Une autre idée reçue est que l’aide humanitaire suffit à stabiliser une situation. Or, la forte baisse des financements et la complexité des terrains empêchent souvent les interventions d’atteindre les populations les plus isolées.

On oublie aussi que les fluctuations du prix des engrais peuvent avoir un impact immédiat sur les rendements. Le lien entre énergie, pétrole et agriculture est souvent sous-estimé, alors qu’il est central dans les dynamiques actuelles.

Ces fausses perceptions peuvent ralentir la mise en œuvre de solutions efficaces. Comprendre les mécanismes réels est un premier pas pour agir différemment.

Les tendances observées montrent clairement que la sécurité alimentaire mondiale dépend autant des décisions géopolitiques que des pratiques agricoles locales. Soutenir les pays les plus vulnérables reste l’un des leviers les plus déterminants pour éviter une aggravation en 2026.

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