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Hélène Darroze : cheffe triplement étoilée, elle témoigne sur la maternité et le métier

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Hélène Darroze avance toujours avec calme et détermination. Pourtant, derrière ses trois étoiles et sa notoriété internationale, il y a une histoire plus intime. Une histoire où la maternité, les choix professionnels et les voyages entre Paris, Londres et Marrakech façonnent un équilibre fragile. Son témoignage éclaire un métier exigeant et une vie de mère qui n’a jamais cessé de courir.

Une cheffe au sommet, entre Paris, Londres et Marrakech

On retrouve souvent Hélène Darroze là où elle se sent vraiment chez elle : en cuisine. À Paris, dans son restaurant Marsan, doublement étoilé. À Londres, au Connaught, couronné de trois étoiles Michelin. Et depuis trois ans, dans les cuisines du Royal Mansour de Marrakech, où elle dirige les restaurants du palace.

Avant d’accepter cette nouvelle mission, elle a sollicité l’avis de Yannick Alléno, aux commandes de l’hôtel pendant douze ans. « Fonce », lui a-t-il conseillé. Restait à convaincre ses filles, Charlotte et Quiterie. Elles sont venues un week-end au Maroc et sont tombées sous le charme. Le projet était lancé.

Pour s’approprier cette nouvelle cuisine, elle est repartie en apprentissage. Elle a notamment rencontré Lala Fatma, dans le cœur de l’Atlas, pour apprendre à faire la semoule à partir de la farine, ou encore un tajine cuisiné au milieu du salon, sur un petit bec de gaz. Une expérience bien différente des batteries du Royal Mansour.

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Une cuisine profondément féminine

Au Maroc, Hélène Darroze découvre une gastronomie portée par des femmes, avec des équipes presque entièrement féminines. Ce contraste l’interpelle. À Paris, dans ses établissements, seule une cheffe travaille en cuisine, même si son équipe de pâtisserie est entièrement féminine. À Londres, elles sont un peu plus nombreuses.

Elle l’admet volontiers : « la cuisine des femmes est peut-être plus intuitive ». Elle décrit aussi un management plus doux, fruit d’une certaine sensibilité.

Entre transmission et regrets

Dans ses coulisses, on la surnomme « maman ». Un titre qui la touche. Elle-même a grandi auprès de femmes passionnées : ses grands-mères, ses grandes tantes. Pourtant, elle n’imaginait pas devenir cheffe. Ce sont les cuisines d’Alain Ducasse, lors d’un stage à Monte-Carlo, qui ont changé sa trajectoire.

Sa carrière s’est ensuite accélérée. À seulement trente ans, l’ouverture de son restaurant parisien lui attire tous les regards. Trois mois plus tard, elle décroche sa première étoile. Quelques mois après, une seconde. Un « tsunami », comme elle le dit.

Depuis, elle a ouvert plusieurs établissements, dont un restaurant en Provence, Hélène Darroze à la Villa Coste, qui compte une étoile supplémentaire. Elle cumule désormais six étoiles.

Une maternité en mouvement

Ses filles, adoptées au Vietnam, ont grandi dans un quotidien rythmée par les voyages. Quand elles étaient petites, elle faisait régulièrement l’aller-retour Paris-Londres en Eurostar, une enfant dans le porte-bébé, l’autre perchée sur une valise.

Elle le reconnaît : sa vie de maman célibataire a parfois été difficile pour elles. Après le Covid, Charlotte lui a soufflé : « il a fallu un confinement pour qu’on ait une vraie vie de famille ». Une phrase qui l’a fait réfléchir et changer sa façon de gérer son temps.

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Ses filles suivent aujourd’hui leur propre voie. Charlotte étudie la physique-chimie à Paris-Saclay. Quiterie prépare le bac de français et rêve de mode, après plusieurs stages dans de grandes maisons. Aucun ne semble vouloir suivre la voie de la cuisine.

« Top Chef » et la transmission à une autre génération

Depuis plus de dix ans, Hélène Darroze partage aussi son savoir-faire dans l’émission « Top Chef ». Chaque année, elle hésite à continuer, mais le plaisir revient toujours. Pour la dernière saison, les règles ont changé : les chefs ne coachent plus vraiment. Une surprise, mais finalement une bonne chose selon elle.

Comme elle le rappelle aux jeunes cuisiniers, ce métier demande des choix. Pas des sacrifices, dit-elle. Elle n’a jamais eu l’impression d’en faire. Les joies restent plus fortes que les difficultés.

Accepter d’être mère autrement

Hélène Darroze le dit sans détour : les femmes sont plus nombreuses en cuisine qu’il y a vingt ans, mais le métier exige parfois d’être mère différemment. Elle le sait d’expérience.

Son parcours raconte une autre manière de concilier ambition et maternité. Une manière imparfaite, mais profondément humaine. Et toujours guidée par le désir de rendre les gens heureux, une assiette à la fois.

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